Le bio dans les supermarchés ou les hards discounters!
J'ai appris il y a quelques jours qu'Auchan proposait des couches jetables "Bio"(couches suédoises Nature babycare). Comme je l'ai précisé dans mon billet précédent, les couches jetables "bio" ne sont pas réellement Bio, mais elles sont davantage respectueuses de l'environnement et de la peau de bébé. Bref, cela me donne l’occasion de parler de quelque chose qui me taraude depuis un moment : qu’est ce que cela signifie d’acheter bio en supermarché ou encore en hypermarché discount ?
Le prix du bio dans ce type de magasins est très attrayant et il est certain qu’il vaut mieux acheter bio en hyper que pas bio du tout. Néanmoins, il me semble que les produits « bio » que l’on trouve à Carrefour par exemple ne sont pas équivalents aux produits « bio » qu’on trouve dans les magasins Biocoop. J’ai eu l’occasion de comparer quelques produits et même s’ils sont certifiés AB..., ils contiennent des additifs et conservateurs très dangereux pour la santé !!!
De plus, j’ai tendance à penser que la préoccupation des grands distributeurs pour l’environnement ou la santé des français n’est qu’un argument marketing... la vente de produits biologiques s’avère très rentable !!! Aujourd’hui le bio est « profitable » et la concurrence entre les grands distributeurs est rude. Les prix sont très attractifs mais certainement au détriment des producteurs dont la rémunération n'est pas prise en compte, contrairement aux circuits-courts qui proposent des prix "équitables", c'est-à-dire à la fois juste pour le consommateur et le producteur. On peut également s’interroger puisque 50% des produits bio sont importés (recherche de prix bas et faible capacité de production bio en France (2% de la surface agricole)). Cela signifie transports, émission de GES... Sans oublier les problèmes de suremballage des produits bio (qui, du coup, ne sont plus très écolos !), les campagnes de pub sous forme de prospectus pour, justement, promouvoir leurs gammes de produits. Qu’en est-il alors de la démarche écologique et de développement durable ?!
Par ailleurs, il me paraît important de dire quelques mots sur les conditions de travail dans la grande distribution alors que ces groupes sont hautement profitables, et que certains de leurs propriétaires ou actionnaires figurent parmi les plus grosses fortunes mondiales ! Ainsi, les prix bas pratiqués dans la grande distribution et dans les « hard discounters » en particulier, s’expliquent par la rationalisation des coûts, en particulier à travers la détérioration des conditions de travail, les pressions sur les fournisseurs, la réduction des postes (personnel réduit, sous-effectifs), bas salaires, la précarité des emplois, postes à temps partiel, CDD, heures supplémentaires non payées, horaires de travail changeant au dernier moment, hyperpolyvalence (affectation indifférenciée à la caisse, au ménage ou à la manutention selon les besoins) ou au contraire hyperspécialisation, déresponsabilisation, management par la peur et harcèlement moral, espionnage et surveillance vidéo, répression syndicale et obstruction à la création de délégations syndicales et de comités d’entreprise… Notons également que les montages ingénieux de sociétés permettent de contourner les obligations fiscales et sociales des entreprises, et rendent le système très opaque : le groupe Lidl est composé de 600 structures différentes, fondations et sociétés ; l’organisation est similaire chez Aldi.
Peut-être que je me trompe, mais l’industrie agro-alimentaire s’intéresse davantage au profit et je préfère un système plus humain et donc les magasins spécialisés bio ainsi que des distributions en circuit court (AMAP, marché) qui, en supprimant les intermédiaires (grossistes, emballeurs, distributeurs), permettent une meilleure rémunération du producteur et/ou une baisse des prix!!!